Promenons-nous dans les bois avec le clip « Pyromane », extrait de l'EP  L’ été Meurtrier de Régina Demina. Attention, ce ne sera pas de tout repos : l’artiste, aux manettes de la réalisation, met en scène une dispute amoureuse qui vire au cauchemar gore. Inspirée par l'esthétique et le côté décalé du giallo – la chanteuse sort des entrailles de son amant agonisant un burger en piteux état –, la vidéo, ultra rythmée grâce à ses fondus enchaînés et ses synthés cadencés, traîne littéralement les personnages dans la boue. On a demandé à cette artiste multidisciplinaire, diplômée du Fresnoy et apparemment très cinéphile quel film pourrait  se rapprocher le plus de son EP. Sa réponse vaut le coup d’œil.


« Si mon album était un film, ce serait clairement un giallo 2.0, brumeux et ouaté comme Phenomena de Dario Argento.  Un film d’atmosphère glacé et étrange avec des aubes interminables comme Un lac de Philippe Grandrieux. Ce serait l’histoire de Betty Blue dans 37°2 le matin de Jean-Jacques Beineix, amoureuse de la petite frappe sous psychotrope d’Enter the Void de Gaspar Noé. Lui serait en fait un monstre qui vampirise l’héroïne qui, fascinée et hantée comme dans Possession d’Andrzej Żuławski, irait pleurer et rire de son Été Meurtrier avec Adjani. Ce serait l’errance, celle des Diables de Christophe Ruggia ou la réplique de Julie Harris dans La Maison du diable de Robert Wise lorsqu’elle dit : « C’est horrible et reposant, comme si je me noyais. » Ce serait les sœurs de Virgin Suicides de Sofia Coppola, en plein Lost in Translation dans Crash de David Cronenberg. »


« L’été Meurtrier » de Régina Demina (Kwaidan Records)
Photo : © Guillaume Héry