Deux mots collent à la peau de Niska : « Charo » et « Internet ».  Le premier résume bien la mentalité de charognard (celui qui ne lâche rien) du rappeur d’Évry. Crasseux mais efficace. Niska en a fait son mantra, avec le désormais fameux clip de « Freestyle PSG », dont la danse de vautour a été reprise par le footballeur parisien Blaise Matuidi puis par la superstar Neymar. Les réseaux sociaux ne s’en sont toujours pas remis. D’où le deuxième mot clé : Internet. Les vidéos de Niska affolent les compteurs YouTube. En seulement deux mois, son dernier hit, « Réseaux », effaçait déjà les 70 millions de vues de « Freestyle PSG ». Mais le MC de 23 ans prend ces chiffres avec philosophie. Depuis les résultats décevants de sa première mixtape, il sait bien que la gloire 2.0 « ne se traduit pas forcément dans les ventes ».

Le nerf du rap game ? « Avoir de l’impact. » Rester dans l’état d’esprit hargneux et débrouillard du charo. Ce n’est pas pour rien que l’album s’appelle Commando. « Sur la  pochette, je tiens dans la main un téléphone de l’armée, parce qu’avec mon équipe on était en mode combat. On voulait atteindre un maximum de personnes, il fallait qu’on réussisse. » Ce cocktail d’agressivité et de séduction fait l’alchimie du disque. On y fredonne presque autant qu’on y rappe. On y parle de bicrave au Champtier-du-Coq – le quartier d’Évry où Niska a grandi – comme de drague sur Snapchat. On y hume autant l’air chargé en électricité hardcore du 91 qu’on y remue les hanches sur des rythmiques afro, voire electro – sur l’imparable « B.O.C ». « C’est quoi cette instru : de l’afro? de la pop? On ne sait pas! Je me suis dit “allez on essaie”, et j’ai mis mes empreintes dessus. » Résultat, un morceau pétaradant, parfait pour dynamiter les dancefloors et les bars à chicha avec son arsenal de gimmicks et son flow char d’assaut. « J’utilise ce flow depuis trois ans. J’aime l’interprétation, changer ma voix. Je suis un rappeur ambianceur, je peux te faire danser ! »


« Commando » (Capitol)