L’artiste Mel O’Callaghan, Woe Implores Go, 2016 australienne Mel O’Callaghan articule performance, sculpture et vidéo pour donner à voir jusqu’où le corps et l’esprit peuvent nous entraîner.


Effort et répétition constituent des leitmotivs de son œuvre ambitieuse au cœur de laquelle résident l’homme et sa condition, mis à l’épreuve – et en danger. Intitulée « Dangerous on-the-way », son exposition au Palais de Tokyo se présente comme un environnement immersif qui nous guide vers la projection monumentale d’un film stupéfiant réalisé à Bornéo. Deux fois par an, les membres de la tribu Orang Sungai s’engouffrent au péril de leur vie dans une grotte située en plein cœur de la jungle malaisienne afin d’y récolter des nids d’oiseaux, un mets très prisé des Chinois. Un geste qui demeure ici hors champ, l’artiste ayant choisi de se focaliser sur l’environnement (sur)naturel dans lequel ils progressent et sur les effets tant physiques que psychologiques de leur périlleux rituel – juchés sur d’instables échelles en corde s’élevant à plus de 120 mètres de haut, ils se balancent sur les parois rocheuses et glissantes, s’encourageant mutuellement avec cris et chants jusqu’à entrer dans une forme de transe collective. Poursuivant son exploration de l’expression plastique du franchissement des seuils et des états altérés, l’artiste a récemment entrepris une série de peintures sur plaque de verre qu’elle montre parallèlement à la galerie Allen : deux masses colorées viennent s’y épancher et s’y confronter dans un jeu de résistance et d’alliance. La lutte continue.


: du 2 février au 8 mai au Palais de Tokyo
: du 9 février au 11 mars à la galerie Allen