Après un premier opus, sorti il y a quatre ans, truffé de références au cinéma, le chanteur ténébreux et romantique revient avec un deuxième album aux accents pop et cold-wave intitulé Echo. L’ancien leader du groupe Asyl a répondu à notre règle de trois.


Ton album en trois mots ?
Chercher, perdre, retrouver.

Le film que tu as vu au moins trois fois ?
Le Dictateur de Charlie Chaplin. Quand j’étais gamin, je pouvais en réciter des passages entiers.

Trois baisers de cinéma qui t’émoustillent ?
Ado, j’avais été hyper troublé par une scène d’Indiana Jones et la Dernière Croisade de Steven Spielberg dans laquelle la professeure Elsa Schneider fait un baiser d’adieu à Indiana Jones en lui mordant la lèvre. Il y a aussi celui de A History of Violence de David Cronenberg pendant laquelle les amants s’étreignent et se battent en même temps. Et enfin la scène de baiser torride entre Naomi Watts et Laura Harring dans Mulholland Drive de David Lynch. Tout au long du film, il y a un truc qui monte. La tension érotique est très bien gérée.

Trois films qui ont marqué ton adolescence ?
D’abord, un gros teen movie, L’amour ne s’achète pas de Steve Rash. Je me reconnaissais dans le personnage : j’étais un peu le boloss qui tombait amoureux de la chef des pom-pom girls, même s’il n’y avait pas de pom-pom girls en France… Ensuite, Les Révoltés du Bounty de Frank Lloyd. J’adorais la mer, l’aventure, le voyage… Et aussi Les Affranchis de Martin Scorsese. C’est le premier film pour adultes que j’ai aimé.

Trois films qui te débectent ?
Toute la filmographie de Lars von Trier. Pour moi c’est un personnage affreux. Sa vision du monde est moche. On voit qu’il déteste ses acteurs, qu’il exècre l’humanité. Sa façon de filmer les femmes est dégueulasse et misogyne. Ce n’est pas un misanthrope, comme pouvait l’être, par exemple, Maurice Pialat, qui essayait de s’aimer lui-même à travers ses propres personnages. Lui, il est toujours malveillant, et au-delà de ça ses films ne sont vraiment pas terribles.

Trois films avec des garçons dérangés, comme dans ta chanson ?
Ludwig. Le crépuscule des dieux de Luchino Visconti, la symbiose entre un personnage dérangé et un acteur, Helmut Berger, qui ne l’est pas moins.  Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer, dont le protagoniste ressemble un peu au personnage de ma chanson – il poursuit des rêves étranges. Sinon, Entretien avec un vampire de Neil Jordan. Tom Cruise a très bien donné corps au Lestat du roman d’Anne Rice. Je m’en suis inspiré pour écrire « Dérangé ».


« Echo » de Lescop,
(Pop Noire)