Deux ans après sa première édition, le Festival Kaleidoscope, dédié à la réalité virtuelle, revient en France ces 28 et 29 avril. De Séoul à San Francisco en passant par l’Europe, le festival itinérant propose aux visiteurs de plusieurs pays un aller simple vers de nouvelles innovations conceptuelles. Et c'est au tour de Paris d'accueillir les grands noms de la VR. Donc on a posé quelques questions à Arnaud Colinart, l'un des curateurs de l'événement.


Pouvez-vous vous présenter et introduire, en quelques mots, ce festival ? 
Depuis 2006, je travaille sur la création de contenus et d’œuvres principalement diffusées sur le web et le numérique, que ce soit des web séries (CamWeb), du magazine (Tutotal) des jeux vidéo (Typerider) ou des expériences en réalité virtuelle (Notes On Blindness, Kinoscope.) Pour ce qui est du festival Kaleidoscope qui, pour sa deuxième édition, fera escale à Paris dans l’espace mk2VR, c’est tout simplement le plus important festival international dédié à la réalité virtuelle.

Quels sont les grands noms de la VR qu’on pourra apprendre à connaître lors du festival ? 
Vous pourrez découvrir 20 expériences, dont Life Of Us, le nouveau projet de Chris Milk, réalisateur américain, connu pour ses clips de U2, Green Day, et  Kanye West, ou encore  Dear Angelica un magnifique court métrage d’animation de Saschka Unseld, l’un des directeurs créatifs d’Oculus Studio.

Dear Angelica 3

Vous avez coproduit l’expérience Notes on Blindness et le court-métrage d’animation Kinoscope présenté à la Cinémathèque fin 2016. Qu’en retenez-vous ? 
Ce sont deux projets sont assez différents, Notes On Blindness est une expérience interactive [un docu en immersion qui suit la cécité progressive de John Hull, un prof de théologie britannique devenu aveugle en 1983 et mort en 2015, ndr]. Alors que Kinoscope est un court métrage linéaire en animation. Néanmoins, ces deux œuvres ont prouvé que la réalité virtuelle représente bien un nouveau média. Son développement n’est pas comparable à l’arrivée des films en 3D, c’est une forme qui change fondamentalement la manière d’écrire et de réaliser. Mais, à moins de proposer une expérience de jeu d’arcade (de type Space Invader, Guitare Hero, ou Tetris), la qualité du récit est primordiale. Une mauvaise histoire ne sera jamais sauvée par un dispositif comme la réalité virtuelle.

Où en est-on de la réalité virtuelle en France ? 
Dans l’histoire de la VR, la France occupe une place significative. Le terme « réalité virtuelle » a été inventé par le poète Antonin Artaud en 1938 pour décrire la nature de l’illusion théâtrale. Plus de 70 ans après, ce sont deux ingénieurs français, Damien Henry et David Coz qui, au sein du Google Culture Institut à Paris, ont inventé le dispositif de réalité virtuelle Google Cardboard qui a très fortement popularisé la VR auprès du grand public.

Aujourd’hui, la France est très en pointe sur le sujet, en particulier dans le domaine de l’entertainment. L’une des raisons de ce succès repose sur le soutien apporté par le service public qui remplit pleinement son rôle d’aide à la création et à l’innovation : ARTE et France Télévisions se sont engagés sur plusieurs projets en V.R. relativement tôt. Quant au CNC, ça fait maintenant 10 ans qu’il soutient la production d’œuvres destinées aux nouveaux médias.

Quels seront les enjeux dans un futur proche et à quelles nouveautés techniques peut-on s’attendre ? 
L’enjeu à venir, c’est de ne pas être « minitélisé ». On espère que le soutien public va s’intensifier et on attend aussi beaucoup des acteurs privés, opérateurs télécom et chaînes de télévision. À mon sens, la principale innovation technique qui va s’imposer, c’est la capture volumétrique, c’est-à-dire la capacité de filmer une scène et d’obtenir un rendu 3D réaliste dans lequel on pourra se déplacer comme dans un jeu vidéo.


Du vendredi 28 avril 2017 au samedi 29 avril 2017
Espace mk2VR, 160 Avenue de France, 75013 Paris
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