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EXPO: « Métal hurlant » d’Alexandre Estrela

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Si le travail d’Alexandre Estrela peut sembler hermétique de prime abord, il révèle tous ses mystères dès lors que l’on se penche sur ses secrets de fabrication.

De par leurs attributs physiques, les surfaces métalliques (peintes, rayées, éraflées, perforées) que l’artiste lisboète utilise comme des écrans transforment subtilement les images projetées. À l’entrée de l’exposition, la photographie d’un tube et de pièces de monnaie en cuivre, par un simple réfléchissement de lumière, donne l’illusion de les voir se transformer en or (Ouro mouro).

Dans l’installation Circuito integrado, l’image d’une plaque de cuivre est projetée sur une surface en aluminium dans laquelle sont creusés deux sillons dont l’itinéraire est suivi par une ligne d’ombre qui émet des sons au fur et à mesure de son déplacement, tandis que la tentative d’allumage d’une lampe fluorescente donne lieu à une composition abstraite faite de flashs de lumière (Balastro).

Sur un moniteur vidéo placé dans un recoin, les sillons d’un morceau de Robert Fripp et Brian Eno sont examinés au microscope, générant des saccades hypnotiques (An Index of Metal). Et l’on reste fasciné par l’image d’un tronc d’arbre tagué d’un logo maladroit du groupe Metallica qui se distord à mesure que s’amplifient les réverbérations de l’écran en cuivre, objet d’une performance sonore (Metálica).

Entre simulacre et transmutation, ces images irradiantes sont autant de prétextes à l’exploration et à la mise en abyme des propriétés du matériau en lui-même. L’expérience, à la fois austère et envoûtante, redéfinit les rapports entre image, médium et perception.

« Métal hurlant », jusqu’au 16 juin à la Fondation Calouste Gulbenkian.

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