Ne pas se fier à la façade du musée du quai Branly, son jardin lumineux, ses formes courbes et le sentiment de paix qui s’en dégage. À l’intérieur c’est l’enfer, peuplé de figures démoniaques entêtantes, qui guette les visiteurs intrépides à l’occasion de l’exposition Enfers et Fantômes d’Asie .


Dans ce voyage infernal, on fait escale au Japon, en Thaïlande ou en Chine, et les époques – du XVIe au XXIe siècle – se télescopent. Très vite, on emprunte le fleuve des enfers, matérialisé par des jeux de lumière sur les murs reproduisant des flammes. L’aventure mystique commence : dans de sombres espaces, on tombe sur des estampes japonaises représentant des 
femmes-fantômes mélancoliques ; des peintures thaïlandaises dans lesquelles des phi prêt, ces créatures punies pour mauvais comportements de leur vivant, se dévorent entre eux ; l’hologramme 3D d’une femme-chat vampire, incarnée par la performeuse Japonaise Yôko Higashi ; des extraits de kung-fu comedies où sautillent des morts-vivants… Pour chaque univers, des extraits de films qui créent de vifs sentiments d’immersion ont été choisis par Stéphane du Mesnildot, journaliste des Cahiers du cinéma et auteur de Fantômes du cinéma japonais – il nous a notamment raconté, dans un portfolio à lire bientôt sur notre site Internet, comment certains mythes anciens de fantômes ont nourri le cinéma d’horreur asiatique, dans lequel ont ensuite largement puisé les films hollywoodiens. À la fin de la visite, on libère nos angoisses dans un espace jeux vidéo où l’on détruit avec un malin plaisir ces revenants envahissants.

À noter que le 23 et le 24 juin, le Quai Branly consacre un « Weekend d’Enfers » (deux jours comme de nuit) avec des performances, des conférences, des DJ sets… Tout ça gratuitement.


: « Enfers et 
Fantômes d’Asie », jusqu’au 15 juillet 
au musée du quai Branly – Jacques Chirac
entrée gratuite de 11 h le 23 juin à 18 h le 24 juin (nuit comprise)
Fantômes du 
cinéma japonais. 
Les métamorphoses de Sadako de Stéphane du Mesnildot 
(Rouge Profond)