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VR: Trois expériences immersives à tester

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Tetris Effect: un casse-tête envoûtant imaginé par Tetsuya Mizuguchi

Un tétromino en forme de L chute lentement vers la base de l’écran. Un renversement à 90 degrés, un pas chassé à droite, et le voici qui se greffe à ses congénères pour former quatre lignes parfaites, libérant ainsi notre espace de jeu, et un peu de notre charge mentale avec. Ces gestes, nous les connaissons par cœur, nous qui avons joué à Tetris jusqu’à pas d’heure. Alors pourquoi rempiler? Parce que Tetris Effect est réalisé par Tetsuya Mizuguchi, génie du jeu vidéo sensoriel et père de chefs-d’œuvre intemporels comme Lumines ou Rez. À travers vingt-sept thèmes musicaux, qui vont de l’eurodance mainstream à la revisite electro de joyaux du classique, le célèbre casse-tête se livre ici sous une multitude de scénographies différentes, de plus en plus hypnotiques. Chaque manipulation, chaque mouvement de tétromino, chaque ligne réussie possèdent un son propre, qui vient se superposer à la bande-son principale et créer une partition unique, en fonction des performances des joueurs. Et la VR dans tout ça? On pourrait croire que, cantonnée à cet écran fixe qui s’emplit de formes géométriques, elle reste une coquetterie superflue. En réalité, elle tisse un cocon sensitif de plus en plus moelleux, dont on peine à s’extraire. Comme si Mizuguchi, en exhumant un concept vieux comme le monde, cherchait à nous ouvrir les portes d’une nouvelle perception, où tout n’est qu’harmonie formelle et transe musicale. Bien joué: on n’avait jamais vu ça. Enhance Games, dès 6 ans.

Corbeau. La Légende: conte amérindien

Baobab (à qui l’on doit les excellents Asteroids! et Invasion!) revient avec ce conte immersif et intergénérationnel inspiré d’une vieille légende amérindienne. Celle de Crow, volatile qui brille autant par son ramage que par son plumage, qui décide un jour, pour sauver sa planète d’un hiver interminable, de se rendre au centre de l’univers pour plaider sa cause. En plus d’un casting vocal (le chanteur John Legend) et d’une technique impeccable, le film cache une belle morale sur le sacrifice de soi. Baobab Studios, dès 6 ans.

Déraciné: mélancolie surnaturelle

Dans cet orphelinat reclus, le temps s’est arrêté et nous errons à l’état d’ectoplasme. Il faut se plonger dans le quotidien des pensionnaires, figés comme des statues de cire, lire leurs pensées et retrouver des objets qu’ils ont égarés un peu partout pour modifier leur destin. Déraciné semble enfantin, et sa bienveillance reste empreinte d’une mélancolie troublante – ici, tout n’est que poésie mortifère et angoisse du temps qui passe. Ses fêlures sont superbes, mais réservées à un public averti. Sony, dès 12 ans.

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