Vous avez peut-être parfois entendu son nom prononcé sur les antennes de Radio France où il a été ingénieur du son pendant quelques années, mais David Federmann est avant tout l’orfèvre d’un jazz métissé (il se nourrit également de soul, de pop ou même du rap acid/jazz des nineties) et porté sur les nouvelles technologies. Après deux albums, le musicien revient sur le label anglais Foliage Records avec un nouveau single suave et envoûtant, Cherry Tree, en featuring avec la chanteuse Maeva, qui annonce un EP (Water’s Edge) et un album (Poolside) tous deux à venir en février et en avril 2018, et réunissant plus de vingt musiciens invités. Comme on dévoile son beau clip en exclu, on a demandé à David ce que donnerait sa musique s’il devait la porter sur grand écran.


« Si ma musique était un film, elle pourrait être Millenium Mambo de Hou Hsia-Hsien (2001). Une ville la nuit. Les lumières électriques qui envahissent les rues et se reflètent dans la pluie tombée. Certains oiseaux perdus ne dorment pas, les corps se croisent, et la musique en boucle, enivrante, ne s’arrête jamais. L’intime, le sauvage et la sensualité pointés du doigt, au beau milieu d’une métropole froide et anonyme. Cette danse s’arrête au petit matin, quand la vie normale et réglée reprend ses droits. Mais le générique du film est déjà terminé ! J’y pense aussi parce que les questions amoureuses y sont d’une profonde mélancolie. La mélancolie ce sont les choses « cabossées » ou un peu « brisées » qui nous apparaissent belles malgré tout. Comment continuer à s’aimer ou à aspirer au bonheur quand la partition n’est pas parfaite. »

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Millenium Mambo de Hou Hsia-Hsien (2001), scène d’ouverture

 

Crédit photo : (c) Bartosch Salmanski