Philippe Quesne est un homme de géographie plus que d’histoire. Formé à la scénographie, il compose depuis 2003 des spectacles comme autant de mondes in vitro, des écosystèmes autonomes soumis à leur propre logique et dans lesquels les hommes, les animaux, les insectes et les plantes cohabitent avec plus d’ouverture d’esprit que sur notre planète.


Du marécage de Swamp Club, où des artistes apprenaient à vivre en milieu hostile, aux cavernes aux accents de parc d’attractions de La Nuit des taupes, Quesne, également directeur du Théâtre des Amandiers, a exploré différentes topographies aux imaginaires puissants, y déployant de multiples microhistoires. Car ce qui l’intéresse, ce n’est pas les actions grandioses ou les sentiments tragiques, mais bien de créer des paysages mouvants dans lesquels les spectateurs, en patients observateurs du vivant, seraient libres de fixer leur attention où bon leur semble et de s’inventer leur propre narration. Pour Crash Park, sa nouvelle création, il fait d’une île son personnage principal. Dans cet espace clos façonné par les rêves enfantins d’aventure et de mystère, il catapulte les rescapés d’un accident d’avion. Conte survivaliste de fin du monde ou opportunité pour façonner un contrat social plus harmonieux entre les hommes et la nature ? Tout dépendra du chemin pris par nos nouveaux Robinsons, comme de leurs rencontres avec la flore et la faune locale.


: « Crash Park. La vie d’une île »
de Philippe Quesne
du 20 novembre au 9 décembre
au Théâtre des Amandiers (Nanterre)
(1 h 45)