Mucha a d’abord connu la gloire grâce à Sarah Bernhardt : à la fin du xixe siècle, l’artiste tchèque émigré en France réalise les affiches des pièces mettant en vedette la comédienne, placards que les Parisiens s’empressent de dérober sur les colonnes Morris. Mais l’illustrateur doit surtout sa renommée à ses allégories féminines, dans un style reconnaissable entre tous : une figure longiligne et gracieuse, à la chevelure ondoyante, parée d’atours sophistiqués, évoluant dans des motifs floraux qui incarneront l’essence de l’Art nouveau. En plein essor de la publicité, il décline à l’envi ces représentations : pour des marques de biscuits, de champagne, des devantures de magasin… Cette rétrospective entend aller au-delà de ces images, pour beaucoup familières : elle dévoile le processus créatif de Mucha – des photographies de jeunes modèles, des études au fusain ou au pastel. Persuadé de l’importance démocratique, politique, de l’art, celui-ci s’est aussi efforcé de rendre ses lettres de noblesse à son pays d’origine, avec un projet colossal, L’Épopée slave, vingt fresques historiques que l’on découvre en projection numérique.