« À quoi appartient-on, culturellement et corporellement ? » C’est avec cette question en tête qu’Alexandra Bachzetsis a commencé à travailler son seul-en-scène.


Coécrite avec le philosophe Paul B. Preciado, livres d’ethnographie ou de sociologie à l’appui, sa pièce Private. Wear a mask when you talk to me est fondée sur une recherche extrêmement rigoureuse. Elle n’en est pas moins joyeusement ludique. Lorsque les spectateurs entrent dans la salle, elle est là, sur scène, à se maquiller, femme fatale avec sa grande chevelure de jais. Cinquante minutes durant, la performeuse glisse imperceptiblement d’un corps à un autre et s’amuse des codes de la culture pop. Elle tombe le survet’, et c’est une vamp en latex, icône sixties de la féminité glamour, qui se déhanche langoureusement sur du James Brown. Elle s’assoit, et c’est la pose typique d’un homme sur le banc d’un vestiaire, jambes écartées, qui se dessine. Chorégraphe suisse d’origine grecque, la jeune femme s’est récemment installée à Athènes. En janvier dernier, elle nous recevait dans son studio d’Exárcheia, un quartier connu pour être le bastion des artistes comme des anarchistes. « Je ne crois pas qu’il existe de gestes féminins ou masculins, mais, pour trouver un langage autre, il faut s’intéresser aux stéréotypes. Ce que je travaille, c’est un voyage d’une posture à une autre, l’espace “entre”. » Face à ce corps en perpétuelle transformation, ces stéréotypes genrés s’épuisent plus qu’ils ne se donnent à voir.


« Private. Wear a mask when you talk to me » d’Alexandra Bachzetsis
Les 21 et 22 février
au Centre culturel suisse (50 min)