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EXPO: Rétrospective Vasarely au Centre Pompidou

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Une exposition qui permet de porter un nouveau regard sur le travail de cet artiste visionnaire hongrois, à la croisée du design et de l’abstraction picturale.

Du logo de Renault jusqu’au mobilier urbain, l’évocation de Vasarely est une madeleine du Paris des années 1970. Graphiste à l’agence Havas, ce natif de Hongrie marche dans les traces du Bauhaus avant de développer un langage formel qui anticipe l’op art et l’art cinétique. Reliefs sphériques, surface, vibrations, lumière, mobilité: le psychédélisme déteint sur la modernité visuelle, accrochant l’œil par des illusions optiques et des polychromies acidulées inspirées des prismes du cristal. En l’espace de trente ans, Vasarely produit la bagatelle de 10000 tableaux. L’abstraction picturale s’y fond dans le design décoratif, à la lisière du kitsch.

Son projet de « cité polychrome du bonheur », une fondation ouverte en 1976 à Aix, trouve une résonance dans les utopies et le productivisme des Trente Glorieuses. Peu d’artistes se seront vu confier de leur vivant une telle production d’objets manufacturés, dont l’exposition offre un large éventail. Mode, design ou musique (Michel Polnareff et David Bowie le plébiscitent), Vasarely le visionnaire est omniprésent, avant de tomber en désuétude et de sombrer dans l’oubli. Ironie du sort: il aura fallu attendre que soient effacées toutes les traces de sa présence à Paris (la façade de RTL, démontée l’an dernier, en était l’ultime vestige) pour que l’artiste, considéré par ses détracteurs comme un publicitaire, trouve de nouveau grâce dans une institution muséale. Donnant à voir des œuvres rares, cette rétrospective porte un nouveau regard sur son travail ancré dans la culture populaire, à l’ambition de « folklore planétaire ».

Vasarely. Le partage des formes, du 6 février au 6 mai au Centre Pompidou. Programme complet disponible ici.

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