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Les spectacles à ne pas manquer: « Built to Last », « Tourista » et « Pourama Pourama »

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Built to Last, de Meg Stuart: Une ode existentialiste à la vulnérabilité humaine et à sa grâce fugace

« Construit pour durer ». Le titre est un piège, ou un clin d’œil ironique pour une pièce de danse, par définition éphémère. C’est que, au premier abord, il fait moins référence au spectacle lui-même qu’à sa bande-son, truffée de monuments de la musique classique et moderne. Une première pour Meg Stuart, qui préférait jusqu’alors s’entourer de compositeurs vivants pour créer sur mesure. Que faire de ces œuvres si intimidantes, comment jouer avec Beethoven, Rachmaninov, Stockhausen et Schönberg – pour ne citer qu’eux – sans se faire écraser par leur puissance évocatrice? Rien d’autre, peut-être, que de les mettre en mouvement. Dans cette création qui emprunte au collage, comme souvent chez la chorégraphe américaine, les cinq interprètes traversent les siècles musicaux en tableaux successifs, tentant de trouver, par leur corps et leurs gestes, une place dans cette scénographie symbolique, entre le système solaire qui flotte au-dessus d’eux – symbole de l’éternité – et cette pâle figure de dinosaure en carton qui trône à leur côté. Réflexion sur la durée et l’universalité des œuvres panthéonisées par la culture occidentale, Built to Last est aussi une ode existentialiste à la vulnérabilité humaine et à sa grâce fugace. Celle qui fut décrite au début de sa carrière comme la chorégraphe du désastre et du désenchantement fait briller sur cette pièce l’espoir et le désir du changement – car il n’est d’éternité que le cycle des constructions et des destructions, les mouvements permanents de réinvention, de soi comme du monde.

Built to Last, de Meg Stuart, du 20 au 24 mars au Théâtre des Amandiers (Nanterre, 2h). Pour réserver, c’est ici.

A voir également:

Tourista, de Tanguy Malik Bordage

Après avoir adapté Le Loup des steppes de Hermann Hesse, Tanguy Malik Bordage se lance dans un autre exercice théâtral acrobatique: convoquer le monde dans les toilettes publiques d’un aéroport. Guidé par le fantôme aimant de sa mère, tragiquement disparue dans un accident de voiture en Inde, il met en scène les doutes, les joies et les rages d’une génération, avec l’insolence de ceux qui n’ont pas dit leur dernier mot.

Tourista, de Tanguy Malik Bordage, le 12 février au Théâtre de Vanves (2h). Pour réserver, c’est ici.

Pourama Pourama, de Gurshad Shaheman

De son autofiction scénique, Gurshad Shaheman compose un voyage à travers le temps et son identité mouvante. Un récit-fleuve qui nous emmène de son Iran natal à son arrivée en France, en passant par ses émois amoureux de jeune adulte. Tout en sobriété, accompagné des chansons de la diva iranienne Googoosh et d’un repas traditionnel, il se met à nu. Il faut parfois en passer par là pour redevenir maître de son destin. • A. J.-C. : de Gurshad Shaheman, du 8 au 17 mars au Nouveau Théâtre de Montreuil (4h30)

Pourama Pourama, de Gurshad Shaheman, du 8 au 17 mars au Nouveau Théâtre de Montreuil (4h30). Pour réserver, c’est ici.

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