Semblables à des étoiles dans la nuit, quelques lampes dansent dans la pénombre d’une exploitation minière. À ces images souterraines succèdent d’autres images, en extérieur, d’un blanc éclatant. Winter Brothers se déroule dans une carrière de calcaire danoise, enneigée du début à la fin. Dès lors, à chaque fois que le spectateur quitte les souterrains pour la surface, il plisse les yeux. Une réaction qui s’explique aussi par la mise en scène éblouissante de Hlynur Pálmason, surtout pour un premier long métrage. Elle s’attache au destin d’Emil, mineur vivant dans l’ombre d’un frère considéré et apprécié, et bientôt accusé d’avoir empoisonné l’un de ses collègues avec de l’alcool de contrebande. Lorsqu’une déception amoureuse s’ajoute à ce cocktail frelaté, Emil perd définitivement pied. Hlynur Pálmason entremêle alors les hallucinations grandissantes du jeune homme et une réalité tout aussi inquiétante. Pour cela, il filme ses décors comme des corps, et inversement, élaborant un réseau d’articulations mouvantes et dévorantes, 
à la fois anxiogène et terriblement envoûtant.


: de Hlynur Pálmason
Arizona (1 h 34)
Sortie le 21 février