Une voiture rouillée emprunte les routes ensoleillées de Nazareth. À l’intérieur, un père (Abu Shadi) – un professeur divorcé de 65 ans – et son fils (Shadi) – un architecte établi à Rome, spécialement revenu pour l’occasion – distribuent de la main à la main, comme la tradition palestinienne du Wajib l’exige des hommes de la famille, les invitations au mariage d’Amal, la petite sœur de Shadi. Dans ce porte-à-porte drôle et émouvant, la réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir (Le Sel de la mer) fait remonter à la surface les aspérités personnelles et politiques qui tiraillent ses deux héros : Abu Shadi, resté au pays, tient aux coutumes, mais accepte la cohabitation avec des Israéliens ; Shadi, apparemment plus moderne sur les sujets sociétaux, ne supporte pas l’idée de nouer des liens avec les colons. Le film construit, à l’abri d’un conflit ultra virulent, une bulle mobile dans laquelle les héros aux regards bleu azur – leur ressemblance, troublante, s’explique par le fait qu’ils sont vraiment père et fils – se laissent le temps de parler et d’objecter avec une tendresse apaisante, inévitablement contagieuse.


d’Annemarie Jacir
Pyramide (1 h 36)
Sortie le 14 février