Pour son premier film, la jeune diplômée de la Fémis livre un film solaire et primitif à l’élan sauvage.


En vacances au bord de la mer avec sa mère très libérée (géniale Laure Calamy), Ava (la révélation Noée Abita) apprend qu’elle va progressivement perdre la vue dans les semaines à venir. Pour faire face, la jeune fille de 13 ans farouche et solitaire apprend à développer (et à découvrir) ses autres sens, accompagnée d’un grand chien noir qu’elle a volé à un gitan en fuite.

Cette exaltation des sens, des désirs et des peurs, est portée par la mise en scène solaire et sensorielle (lumière zénitale, couleurs fauves et acidulées) de Léa Mysius, qui livre un récit d’initiations très animal. Le grand chien noir devient le guide de la petite sauvage partie à la découverte de mondes jusqu’alors inconnus pour elle : la maladie, le désir et la sexualité (avec le jeune gitan), et surtout la féminité (avec sa mère, une femme impudique, sexuelle, fiévreusement exaltée – initiation qui donne lieu aux scènes les plus drôles, les plus justes et les plus réussies du film). Un premier film spontané et primitif, jamais poseur ou intellectualisant, qui exploite habilement son côté enfantin, avec ses échappées oniriques qui nous entrainent à la lisière du conte et son élan sauvage.