Voilà près de 40 ans que Terrence Malick travaillait sur ce vaste documentaire retraçant l’histoire de l’univers. Un projet pour le moins ambitieux.


Au fil des années, le cinéaste et son équipe ont parcouru la planète pour filmer animaux, océans, forêts, déserts, canyons, chutes d’eau et geysers. En 2003, un caméraman laissait même ses bottes fondre à Hawaï pour saisir au plus près la formation de roches à partir d’une éruption volcanique. Le résultat est une expérience esthétique aux images stupéfiantes et dont on se demande à chaque instant comment elles ont pu être réalisées. Car outre ses plans de grands espaces naturels, Malick met en scène le Big Bang, l’origine des premiers organismes unicellulaires ou la disparition des dinosaures. Rien que ça. Il filme ainsi la création, la destruction, l’éphémère et l’éternel, la naissance et la mort. Et mêle le microscopique à l’infiniment grand dans une symphonie panthéiste qui questionne la place de l’Homme dans l’univers. Bien qu’encombré par un commentaire incantatoire récité par Cate Blanchett, Voyage of Time : Au fil de la vie est une chronique contemplative d’une beauté visuelle rare. Un Tree of Life libéré de toute contrainte narrative qui plaira autant aux amateurs des derniers films de Malick qu’il sera détesté par tous ses détracteurs. Que ceux-ci se rassurent : lors du dernier South by South West, le mystérieux Texan a annoncé qu’il en avait « fini avec ce style.” Fatigué d’essayer de “faire rentrer un piquet carré dans un trou circulaire.” Voilà qui est dit.


Voyage Of Time: Au fil de la vie de Terrence Malick
Mars Films (1h30)
Projection unique le 4 mai 2017