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Cinéma Critiques

« Utoya, 22 juillet »

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Le 22 juillet 2011, deux heures après l’explosion d’une bombe à proximité du siège du gouvernement norvégien, près de cinq cents jeunes travaillistes réunis sur l’île d’Utøya sont ciblés par un tireur fou. De ce sordide attentat qui a fait la triste renommée du terroriste d’extrême droite Anders Behring Breivik, le Norvégien Erik Poppe tire un film coup de poing : basée sur des rapports de police et des témoignages, cette fiction immersive (tournée en une seule prise et en temps réel) va à contre-courant du phénomène d’attraction médiatique en ne montrant jamais le terroriste et en nous faisant suivre une militante – personnage inventé, comme tous les autres, par respect pour les victimes – retranchée dans une forêt. Les silhouettes s’affolent, les certitudes morales vacillent, et l’on est saisis d’effroi par cette reconstitution crue qui ne tombe jamais dans le voyeurisme.

—> A LIRE AUSSI: Notre dossier décryptage: Filmer le terrorisme

Utoya, 22 juillet, d’Erik Poppe, Potemkine Films (1h33) Sortie le 12 décembre

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