En Iran, le réalisateur Mohammad Rasoulof est actuellement en liberté sous caution. Son passeport lui a été confisqué et il est accusé d’« activités contre la sécurité nationale » et de « propagande contre le régime », deux chefs d’accusation passibles de six ans de prison – il a déjà été condamné en 2009. C’est notamment ce saisissant film kafkaïen, prix Un certain regard au dernier Festival de Cannes, qui lui vaut les ires du régime. Il y suit Reza et sa femme, Hadis, qui tiennent un élevage de poissons d’eau douce et luttent contre une importante compagnie privée. Les représentants de cette dernière (qui ont la police dans leur poche) veulent racheter leur terrain et sont prêts à tout (chantages, pots-de-vin) pour obliger le couple à le leur vendre. Avec sobriété ainsi qu’une attention aux visages qui évoque parfois Bruno Dumont (on sent bien l’intensité des conflits intérieurs que traversent les personnages derrière leurs expressions figées – ils doivent se faire discrets, ne pas manifester leurs opinions), Mohammad Rasoulof signe un pamphlet sec et puissant contre la corruption qui gangrène les autorités de son pays.


de Mohammad Rasoulof
ARP Sélection (1 h 58)
Sortie le 6 décembre