Avec Death Wish, remake d’Un justicier dans la ville (Michael Winner, 1974), Eli Roth fait ressurgir la figure de l’ange de mort. Retour sur quelques-unes de ses apparitions au cinéma.


Bruce Willis en capuche grise dans Death Wish succède à Charles Bronson dans le rôle de Paul Kersey, ce père de famille que le deuil métamorphose en vigilante. Après Hostel et Green Inferno, Eli Roth poursuit sa traversée des enfers via le cinéma d’autodéfense, mais son nouveau film sort dans un climat peu propice à l’apologie de la vente libre des armes à feu (deux mois après la tuerie de Parkland, en Floride, et ses dix-sept lycéens morts). Projet sulfureux qui a effarouché Sylvester Stallone et Liam Neeson, pur hommage au cinéma viscéral des seventies, Death Wish se délecte à produire, à vide, un incessant spectacle de mort.

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Dans Le Septième Sceau (1957), une créature inventée par Ingmar Bergman et l’acteur Bengt Ekerot personnifie la mort : un homme avec un maquillage de clown blanc dans une tenue d’inspiration monacale. Ciel nuageux, récifs, mer agitée, pèlerine et voile noirs d’où se détache la blancheur immaculée d’une figure. Avec une brutalité désarmante, le plan suivant nous le révèle ridé et cerné. Car la mort, chez Bergman, arpente un monde sans Dieu. Et l’acteur qui porte ce masque a le temps de jouer aux échecs avant d’effectuer sa mission funeste.

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La troisième image, comme combinaison des deux premières, est celle d’un adolescent dans un déguisement de squelette recouvert d’un hoodie gris, hanté par des visions d’apocalypse. Jake Gyllenhaal joue Donnie Darko (2001) et il affronte les angoisses collectives d’un nouveau siècle. Richard Kelly, comme David Lynch avec Twin Peaks, transforme le lycée en un théâtre hanté par la pulsion de mort et nous rappelle que, dans la mythologie grecque, Thanatos est le fils de Nyx, la déesse de la nuit, et le frère jumeau d’Hypnos, le dieu du sommeil.

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: « Death Wish » d’Eli Roth 
(Paramount Pictures, 1 h 49)
Sortie le 9 mai