Éclatante jeunesse de Paul Vecchiali qui, à 87 ans, tourne toujours autant et s’offre le luxe de sortir le même jour deux films tout aussi beaux : Train de vie…  et Les Sept Déserteurs ou la Guerre en vrac. On se concentrera ici sur celui qui nous a le plus plu : le cinéaste y déploie toute la puissance d’évocation de son cinéma stylisé. Avec minimalisme (très peu de décors, quelques cabines de trains tout au plus) et aidé par sa troupe de comédiens fidèles (l’impressionnante Astrid Adverbe et son jeu ondoyant au premier chef, mais aussi Pascal Cervo, Brigitte Roüan…), Vecchiali y évoque les transports amoureux d’Angélique qui, mine de rien, croise beaucoup de monde par hasard lors de ses périples ferroviaires. Chacune de ces rencontres impromptues est l’occasion pour elle d’une confession – ou plutôt d’une confidence, car, si elle est toujours sincère, jamais elle ne s’excuse d’être une femme indépendante sexuellement. C’est dans l’écriture de ce grand déballage sentimental que Vecchiali excelle : ses dialogues ciselés tracent avec une vraie finesse littéraire, tout en tours et détours, le parcours amoureux sinueux de son héroïne.


: de Paul Vecchiali
Dialectik (1 h 16)
Sortie le 30 mai