Dénuée de dialogues mais pas d’audace, cette fable picaresque met en images les traversées qu’effectue un passager clandestin subsaharien cherchant à rallier l’Europe. Grâce à sa totale liberté plastique, qui lui permet d’explorer l’immensité des paysages aussi bien que le visage de son héros, le Tunisien Ala Eddine Slim traite de manière métaphorique une quantité de thèmes qui dépassent le seul récit de voyage. Le personnage, dénommé N, devient progressivement une figure atemporelle représentant la solitude et passant par diverses mutations qui prennent la forme d’un retour à la vie primitive. Dans une dernière partie nettement plus onirique que sociopolitique, The Last of Us semble ainsi vouloir illustrer ce qui constitue le sel d’une existence humaine dès lors que le monde détourne le regard et ne prête plus attention. Entre ermite volontairement solitaire qui trouve la quiétude et victime marginalisée par la société contemporaine, N s’avère insaisissable. Et cette œuvre aux apparences minimalistes finit par dévisager son spectateur pour le renvoyer à l’étrangeté de sa condition moderne.


d’Ala Eddine Slim
Potemkine Films (1 h 34)
Sortie le 22 août