Le biopic réalisé par Jan P. Matuszynski prouve qu’on aurait tort de voir derrière les toiles postapocalyptiques de l’artiste polonais Zdzisław Beksiński, décédé en 2005, un homme torturé et maussade. Au contraire, dans ce film inspiré des écrits intimes de Beksiński lui-même, le peintre et sculpteur étonne par sa bonhomie. En 1977, il emménage avec sa famille dans un immeuble de Varsovie où subsistent les vestiges d’une vie ouvrière révolue: sa femme, Zofia, fervente catholique, souffre de bouffées d’angoisse; leur fils, Tomasz, un animateur radio dépressif, tente régulièrement de se suicider; les grands-mères de ce dernier, collées l’une à l’autre et quasi muettes, préparent leur fin de vie. Teinté d’un sacré humour noir, cet étrange et captivant voyage temporel reproduit à l’identique les vidéos de l’artiste filmant sa famille, sortes de mini-films dans le film, tournées avec un matériel qui se modernise (du super 8 au caméscope) au gré des chapitres. Et si la mort est omniprésente dans ce récit, c’est parce qu’elle fut la philosophie de vie des sages (et semi-fous) membres de la famille Beksiński.


de Jan P. Matuszynski Potemkine Films (2 h 03) Sortie le 17 janvier