On attendait avec une certaine excitation le nouveau film de Sean Baker – dont on avait découvert le travail en 2015 avec Tangerine, étourdissant exercice de style réalisé à l’iPhone dans les rues de Los Angeles. Autant dire qu’on n’a pas été déçu. Présenté à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs, The Florida Project est une expérience de cinéma aussi rafraîchissante que radicale, pleine à craquer de bruits, de formes, d’émotions. Sous une chaleur qui fait suinter les corps et dégouliner les couleurs, on suit le quotidien d’un motel de la banlieue d’Orlando – quotidien animé par une communauté de mômes indomptables et électriques, qui courent partout comme des petites souris en faisant autant de dégâts qu’un troupeau d’éléphants. Une débauche d’énergie tous azimuts, en parallèle de laquelle Baker n’oublie pas de creuser une pénétrante réflexion sur l’Amérique des laissés-pour-compte où chacun vivote dans un paradis artificiel tendu vers son point de rupture.