Premier film du réalisateur Amman Abbasi, Stupid Things installe sa caméra dans une petite localité isolée de l’Arkansas, ville aussi chaude par ses températures que par son activité criminelle. En effet, un gang de cambrioleurs et de dealers, les Blood, trouble le quotidien déjà difficile de la région, peuplée majoritairement d’Afro-Américains. Le film débute d’ailleurs par un rite d’initiation: celui de Dayveon, 13 ans, brutalement lynché par la bande avant d’être adoubé par son chef. Une nouvelle famille et un nouveau mentor s’offrent donc au jeune garçon, inconsolable depuis la mort de son frère, tué par balles dans des conditions troubles. Heureusement, d’autres frères de substitutions (un ami chaleureux, un beau-frère protecteur) viendront épouser la dérive de ce jeune adolescent, qui digère dans le silence de ses balades à vélo la douleur de ce deuil impossible. Malgré quelques afféteries de style, Stupid Things se démarque du tout-venant du cinéma indépendant américain grâce à la concision de son récit et au naturel de ses personnages, interprétés par des comédiens aussi inconnus qu’impeccables.


d’Amman Abbasi
The Jokers (1 h 15)
Sortie le 27 septembre