En 1966, après plusieurs échecs commerciaux et critiques, Claude Lelouch se lance dans la réalisation d'un film tourné à l'arrache en trois semaines avec un budget modeste. Jackpot : il rafle une Palme d’or, deux Oscars et quatre Golden Globes. Retour sur la scène d’étreinte tourbillonnante entre Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée sur une plage sombre de Deauville.


Après avoir reçu le télégramme d’Anne (Anouk Aimée) qui lui a sobrement écrit « Je vous aime », Jean-Louis (Jean-Louis Trintignant) prend la route avec sa Ford Mustang à la carrosserie dégueu pour la retrouver. Arrivé à Deauville, il se rend sur la plage. Au loin, le son des mouettes et des chalutiers se mêlent aux pâles lumières d’une journée d’hiver. Jean-Louis s’arrête sur la jetée, les cheveux aux vents et l’air hagard, le regard dans le vague. Son œil semble piqué par quelque chose hors champ, tandis que les éternels « chabadabada » de Francis Lai résonnent. Son visage s’illumine à la vue des silhouettes d’Anne et des enfants. La caméra s’éloigne de lui et, tout d’un coup, tout va plus vite. Sur le ponton, Jean-Louis s’élance pour regagner sa voiture et rejoindre sa dulcinée avant qu’un long travelling ne peine à suivre cette vieille caisse qui fonce à toute berzingue vers le bord de l’eau. Pour attirer l’attention des gosses et de l’élue de son cœur, Jean-Louis fait clignoter les phares. Le petit groupe, surpris, s’anime. A toute allure, les amants se rejoignent dans une étreinte. Lelouch fait tourner sa caméra autour du couple jusqu’au vertige, comme pour faire sentir l’emballement des cœurs, l’ivresse de cette épiphanie amoureuse.



« Un homme et une femme » de Claude Lelouch (1h40)
Reprise le 16 novembre