Après un désastre environnemental, Freeman Lowell (Bruce Dern) dirige une équipe chargée de conserver les restes de la biosphère sous des dômes fixés à un vaisseau spatial. Il se passionne pour sa mission, jusqu’au jour où ses supérieurs décident d’y mettre fin…


En visionnSilent Runningant Silent Running quarante-quatre ans après sa sortie, on ne peut que constater combien le champ de la science-fiction au cinéma s’est depuis réduit et formaté. En 1972 en tout cas, un spécialiste précoce des effets spéciaux (Douglas Trumbull, connu pour son travail sur 2001 : l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick) pouvait se permettre de réaliser un conte d’anticipation écologique avec un seul acteur principal, des décors et des costumes bricolés, des plans contemplatifs sur un vaisseau pris dans les anneaux de Saturne, des chansons babas cool de Joan Baez et des robots gentils joués par des acteurs, dont le plus proche descendant serait Wall-E. Malgré ses imperfections, le film conserve un charme tenace pour qui accepte de laisser entrer la poésie et l’ambiguïté dans le récit d’anticipation. Silent Running brille ainsi par la présence de séquences digressives – voire inutiles à l’action – qui frappent par leur charge émotionnelle. Comme celle dans laquelle le héros joue au poker avec ses amis robots, qu’il vient de programmer pour l’occasion. Le montage alterne les plans serrés sur les joueurs, mettant sur un pied d’égalité les fanfaronnades de l’humain et les réactions mécanisées mais inattendues des drones. Peinant d’abord à intégrer les règles, ceux-ci émettent des sons qui, faute d’être compris, sont perçus par Lowell comme une tentative de tricherie. « Ici, on ne joue pas à la parlante », s’agace-t-il, avant de perdre la partie et d’être pris d’un fou rire. Une scène absurde et attachante qui dénote toute l’originalité du film.


Film : Silent Running (1h29)
de Douglas Trumbull
avec Bruce Dern, Cliff Potts, Ron Rifkin…
Sortie le 3 décembre 1975