On a trouvé le Joe Dallesandro de notre époque : il s’appelle Félix Maritaud (lire notre portrait) ; et son incarnation abrasive d’un jeune prostitué au parcours erratique, qui voit défiler les hommes et court après celui dont il est amoureux, est déjà un argument de poids pour aller voir Sauvage. Mais ce premier long métrage de Camille Vidal-Naquet emporte à bien d’autres égards, notamment grâce à la grande empathie (la même dont fait preuve son héros lorsqu’il écoute ses clients) avec laquelle le réalisateur regarde le milieu de la prostitution, complexe. Ce portrait nuancé est bienvenu quand, dans le débat public, les discussions tournent seulement autour de la nécessité ou non de l’abolition de la prostitution, sans jamais que l’on n’écoute les personnes concernées. Camille Vidal-Naquet montre donc autant la violence, la misère sexuelle, la précarité et la concurrence, qu’un mode de vie alternatif où peuvent s’inventer de nouvelles formes de liberté, de camaraderie et d’amour pur. Le tout bercé par la voix grave de Maritaud – et la tendresse finit par l’emporter sur le glauque.



de Camille Vidal-Naquet
Pyramide (1 h 39)
Sortie le 29 août