Dans une banlieue rurale de Gaza, l’Italien Stefano Savona (Tahrir. Place de la Libération, 2012) filme le quotidien d’une famille décimée en 2009 par les frappes de l’armée israélienne. En mélangeant prises de vues documentaires et séquences animées, le cinéaste, archéologue de formation, tente d’exhumer les souvenirs des survivants.


Alors qu’il est présent dans la bande de Gaza début 2009 pour documenter l’opération Plomb durci (dont il tirera un film du même nom), le documentariste italien Stefano Savona fait la rencontre des Samouni, une grande famille de paysans qui vient de perdre 
vingt-neuf de ses membres dans le conflit, en majorité des femmes et des enfants. Dans leurs maisons en ruine et leurs champs d’oliviers détruits, il enregistre les témoignages et le quotidien des survivants puis retourne sur place, un an plus tard, quand il apprend qu’un mariage se prépare malgré la tragédie. Aux édifiantes images documentaires prises à ces deux occasions, le film mêle de sublimes animations – dont le noir et blanc rappelle la gravure – qui lui permettent de reconstruire une mémoire éclatée. S’appuyant notamment sur le regard de la jeune Amal, orpheline d’une dizaine d’années elle-même gravement blessée lors de l’attaque, ces séquences reconstituent les événements, mais aussi la vie d’avant – presque paisible, définitivement perdue. Cette narration à la forme fragmentée permet à Savona d’atteindre, avec un mélange de rigueur archéologique et de grande sensibilité, une vérité profonde et complexe.


de Stefano Savona
Jour2Fête (2 h 08)
Sortie le 7 novembre