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« Radioscopie de la peur – une histoire du film d’horreur »: un docu passionnant à écouter sur France Culture

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Comment expliquer notre attirance un peu masochiste pour le fait d’avoir peur? A travers le récit de sa propre passion pour les films d’horreur, Guillaume Istace propose de décortiquer les mécanismes d’un genre aussi ludique qu’inquiétant.

Quoi de mieux que d’avoir peur quand on sait que c’est pour de faux? De toutes les catharsis que propose le cinéma, l’horreur en est sans doute la forme la plus familière et la plus aboutie, parce qu’elle prend ses racines dans notre enfance et nos peurs primaires. Dans Radioscopie de la peur – une histoire du film d’horreur, Guillaume Istace a mis en sons sa propre fascination pour ce genre qui l’a aidé à grandir, et France Culture nous propose de réécouter son histoire, diffusée dans l’émission Sur les Docks en 2014. Un documentaire qui manie subtilement le mélange entre autobiographie et réflexion sur les mécanismes cinématographiques de la terreur, naviguant entre souvenirs subjectifs et prise de recul analytique sur le genre. Shining, La Nuit des morts-vivants, Massacre à la tronçonneuse : que nous disent ces films à la fois de la psyché humaine et des traumatismes historiques (la Grande Dépression des années 1930, la guerre du Vietnam)?

Grâce à des bruitages puissamment évocateurs, des extraits de bandes-originales cultes, l’auditeur se retrouve plongé dans le vidéo-club d’enfance de Guillaume Istace. Il est aussi amené à réfléchir sur les propres causes de son attrait pour l’effroi (comment matérialiser l’angoisse, revit-on son adolescence par procuration lorsque l’on regarde un film d’horreur adulte?) A travers des personnages fictifs (un psy joué par Alex Lefevbre, chercheur en psychopathologie) mais aussi des réalisateurs qui ont exploré le genre (Fabrice Du Weltz, réalisateur de Calvaire), Guillaume Istace rend hommage aux fanatiques des loups-garous et des sorcières, à ceux qui préfèrent vivre leur terreur dans le noir, et qui conçoivent la crainte comme une thérapie. L’horreur est surtout une affaire de corps; on y expérimente la démence, les limites de l’humanité par l’entremise de nos sens -une synesthésie que ce documentaire s’attelle à recréer par le son, de façon intelligente et intuitive.

Image: Copyright VORTEX INC. / KIM HENKEL / TOBE HOOPER

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