Le second tome de sa bande dessinée "Culottées", florilège de biographies de femmes trop peu connues qui ont fait et font l’histoire, est sorti en janvier. Avec sa verve habituelle, la dessinatrice Pénélope Bagieu a répondu à notre questionnaire cinéphile.


Trois réalisatrices culottées ?
Rokhsareh Ghaem Maghami, la réalisatrice iranienne de Sonita, dont je parle dans ma BD. Elle a suivi une gamine afghane mariée de force qui voulait devenir rappeuse et a même payé de sa poche la caution à ses parents pour que la petite puisse partir et enregistrer son album. Julie Delpy, parce qu’elle a réussi à faire ses films coûte que coûte, quitte à changer de pays, en suivant toujours son instinct, avant qu’on ne crie au génie en France – et il y a de quoi crier au génie. Et puis Penelope Spheeris : en plus d’avoir réalisé l’extraordinaire Wayne’s World il y a pile vingt-cinq ans, elle est hyper rock ’n’ roll et engagée, elle a fait des films indépendants, des clips, des documentaires sur le déclin de la civilisation américaine au travers du heavy metal… Bref, elle est super badass.

Vos trois teen movies préférés ?
Clueless d’Amy Heckerling (loin devant absolument tous les autres), Jay et Bob contre-attaquent de Kevin Smith (si ça compte),et Les Beaux Gosses de Riad Sattouf.

Trois acteurs ou actrices sur qui vous avez fantasmé, ado ?
Ah non, moi, je fantasmais sur des chanteurs, désolée. Mais quand j’étais petite, je voulais me marier avec John Travolta. C’était avant Terre champ de bataille [film de science-fiction sorti en 2000 dans lequel Travolta est méconnaissable en extraterrestre, ndlr] quand même, pour situer.

Trois plans sur des petites culottes qui vous ont marquée ?
Le bébé qui tombe dans la culotte de la mère de famille catholique quand elle accouche sans s’en rendre compte au début de Monty Python. Le sens de la vie. Le slip de bain avec poutre apparente de Benoît Poelvoorde dans Les Portes de la gloire. Et Michael Fassbender en espèce de slip en cuir dans 300, pour des raisons évidentes.

Pouvez-vous vous décrire en trois personnages de fiction ?
Betty Rizzo [la lycéenne rebelle, ndlr] dans Grease. Mme Mim [la sorcière déjantée, ndlr] dans Merlin l’enchanteur. Et, même si j’aimerais dire Jessica Rabbit, plutôt Peg, la mère dans la série Mariés, deux enfants.

Trois films que vous trouvez insupportables ?
Drive, qui m’a donné envie de péter mon siège au cinéma tellement il m’a agacée. Les films avec des plans rapprochés sur Keira Knightley, à l’époque où elle minaudait non-stop. Et la série Penny Dreadful, parce qu’elle est vraiment trop mal écrite.

Trois cinéastes avec qui vous rêvez de dîner ?
Deux, ça m’ira : les frères Coen.


«Culottées. Tome 2» de Pénélope Bagieu (Gallimard Bande Dessinée, 168p.)