Peggy Guggenheim collectionnait aussi bien les œuvres d’art que les amants. Dans les deux cas, son flair fut exceptionnel.


Si l’on compte Samuel Beckett, Yves Tanguy et Marcel Duchamp parmi ses conquêtes – sans oublier son second mari, Max Ernst –, la New-Yorkaise peut surtout se targuer d’avoir précocement humé les avant-gardes européennes du XXe siècle (Surréalisme, Cubisme…) puis d’avoir révélé un génie moderne tel que Jackson Pollock. Avec ce documentaire échafaudé autour d’un passionnant entretien audio avec Peggy Guggenheim (trésor jusqu’alors inédit), Lisa Immordino Vreeland croque la grande galeriste américaine en suivant un parcours chronologique. De son enfance de vilain petit canard au sein d’une famille stricte et fortunée à ses vieux jours dans un palazzo vénitien (l’actuel musée Guggenheim de Venise), en passant par sa jeunesse débridée au cœur du Paris bohème des Années folles, on découvre une mécène à la fois timide et scandaleuse, pingre et généreuse, superficielle et courageuse, qui relativisait ses succès avec une touchante modestie : « J’ai toujours su m’entourer. »


« Peggy Guggenheim.La collectionneuse »
de Lisa Immordino Vreeland Happiness / mk2 (1 h 36)
Sortie le 26 juillet