Ne jamais croire un réalisateur qui annonce sa retraite. Surtout si c’est Steven Soderbergh.


Après un film de casse en forme de déclaration d’amour à l’Amérique (Logan Lucky, 2017), le réalisateur de Traffic (2001) revient avec un trip parano filmé au téléphone portable. Une prouesse technique bluffante qui produit une énergie inquiétante et donne du corps et du nerf à une intrigue de série B centrée sur une femme harcelée qui perd les pédales. Sawyer (impressionnante Claire Foy dans un périlleux numéro halluciné) est persuadée qu’un homme, dont elle a repoussé les avances insistantes, continue de la suivre partout. Oppressée et terrorisée, elle se retrouve internée dans un hôpital psychiatrique contre son gré. Jouant sur la frontière entre délire de persécution et menace réelle, le film produit une sensation immédiate de malaise et d’insécurité. Scrutant le moindre mouvement, la moindre expression de son personnage principal au bord du gouffre, il fascine par son voyeurisme inquiet. Près de vingt ans après Sexe, mensonges et vidéo (1989), Soderbergh n’a visiblement pas fini de s’interroger sur ce que les images disent et volent de notre intimité.


: de Steven Soderbergh
20th Century Fox (1 h 38)
Sortie le 11 juillet