Il joue brillamment des malaises quand il se fait passer pour le jeune premier dans sa chronique de "Quotidien", l'émission de Yann Barthès sur TMC. Il est fan de Xavier Dolan et rêve de réaliser ses propres films. Panayotis Pascot a répondu à notre questionnaire cinéphile.


Décris-toi en trois personnages de films
Il y en aurait presque un seul : Pierre Richard, dans tous les films de Francis Veber. C’est le personnage qui me touche le plus. J’aime son côté lunaire. Il sait qu’il est un boulet mais il s’en fout. Bon, sinon il y a aussi Buster Keaton qui m’inspire. C’est un mec qui n’a jamais d’affect par rapport à ce qu’il subit, aucune émotion ne déborde. Dans la vie, je suis souvent à côté de mes pompes et j’ai parfois une première approche des choses très débile. D’un autre côté, j’intériorise beaucoup ce que je ressens. C’est peut-être de là que me vient aussi mon goût pour Keaton.

Trois scènes de films que tu aimerais vivre ?
Pour révéler mon côté macho beauf : la scène d’Une nuit en enfer (1996) de Robert Rodriguez avec Salma Hayek, qui est la scène la plus sensuelle du septième art. Ensuite toutes les scènes de The Grand Budapest Hotel (2014) de Wes Anderson ou celles de La vie aquatique (2005). J’adore les ambiances de ses films. D’ailleurs il donne une master class à la Cinémathèque française et je suis content parce que j’ai réussi à choper une place ! Ensuite, je dirais toutes les scènes de Borat (2006, Larry Charles). J’aurais aimé les subir, j’aurais aimé subir Borat !

Tes trois films préférés ?
Le premier c’est Whiplash (2014) de Damien Chazelle. Ensuite Le Pianiste (2002) de Roman Polanski ex-aequo avec American History X (1999) de Tony Kaye. En troisième, je mettrai The Tribe (2014) de Myroslav Slaboshpytskiy, un film ukrainien qui m’a vraiment retourné. Les personnages sont sourds-muets et ils communiquent en langue des signes. Sauf que rien n’est traduit. La première phrase du film c’est : « Ce film est en langue des signes. Il n’y a ni sous-titres, ni voix-off car l’amour et la haine n’ont pas besoin de traduction ». Je trouve ça assez beau.

Trois films qui ont marqué ton enfance ?
Je suis toujours un peu dans mon enfance ! En premier c’est Le pianiste. Je me suis ouvert le poing en regardant ce film. J’étais énervé, j’ai donné un coup dans mon mur et je me suis fait saigner. Ce jour-là,  je me suis dit que j’aimerais faire du cinéma ou réaliser des films. Je me suis rendu compte que le cinéma était le meilleur vecteur émotionnel qui puisse exister. Ensuite il y a J’ai tué ma mère (2009) de Xavier Dolan parce que ça m’a fait comprendre qu’on n’avait pas besoin d’être complexe ou trop esthétisant pour être poignant. Beaucoup de gens pensent que Dolan fait un cinéma de l’effet, de l’extrapolation mais je trouve que c’est aussi un cinéma de la retenue et de l’attente. Puis je dirais Funny Games (1998, Michael Haneke). C’est un film qui m’a beaucoup marqué parce qu’il ne comble pas nos désirs de spectateurs. C’était la première fois que je ressentais une telle immersion, l’impression de faire partie du film.

Trois films que tu n’as jamais réussi à regarder en entier ?
Enter the Void (2010) de Gaspar Noé. J’étais trop angoissé. Pourtant j’ai réussi à voir Irréversible (2002) et Love (2015). Sinon je n’accroche pas du tout à Star Wars. Je suis allé voir les derniers au cinéma et j’ai failli quitter la salle. Ensuite, j’ai du mal avec la comédie musicale, ça me fait un peu chier, en fait. Par contre, je suis allé voir La La Land hier soir et Chazelle a réussi cet exploit de me garder devant son film même si ça chante toutes les dix minutes.

Trois films qui sont de parfaites leçons de séduction ?
J’aime beaucoup 20 ans d’écart (2013) de David Moreau mais je n’ai absolument aucune justification à donner, j’ai juste kiffé ! Les Amours imaginaires(2010) de Dolan, même si c’est plus une tentative de séduction que de la réelle séduction. Et puis Eyes Wide Shut (1999, Stanley Kubrick). C’est magnifique de voir comment les personnages essayent de renouveler le désir qu’ils ont l’un envers l’autre.

Trois films que tu irais voir avec quelqu’un dans l’espoir de choper ?
Je ne suis pas du tout du genre à essayer de choper au cinéma parce que je suis trop à fond dans le film. Je peux être avec la plus belle fille du monde, je ne la regarde pas pendant deux heures. Quand je vais au cinéma personne ne me touche, personne ne me parle. Bon si je dois répondre, je dirais Love de Gaspard Noé. Pas pour les scènes de cul mais pour la morale du film. Ensuite Fenêtre sur cour (1955, Alfred Hitchcock). Je trouve l’ambiance folle et l’histoire entre Grace Kelly et James Stewart est fantastique. Ensuite, un film d’horreur ça peut aider même si, entre la meuf et moi, je pense que c’est moi qui aurait le plus peur.

Les trois acteurs ou actrices qui te font mourir de rire ?
En français, Pierre Richard et Thomas VDB. En américain Steve Carell et Sacha Baron Cohen. Je rajoute un petit bonus, c’est Buster Keaton !

Trois films que tu as honte d’aimer ?
Mad Max: Fury Road (2015, George Miller). En vrai, j’ai pas trop honte parce que c’est un film ultra respectable mais l’histoire pue du cul. Par contre c’est une claque visuelle. On dirait un peu le cirque du soleil en version film mais c’est fantastique. Ensuite un film qui s’appelle La Souris (1998, Gore Verbinski) que je regardais quand j’étais tout petit. Le pitch est ultra simple, c’est deux mecs qui veulent vendre une maison mais l’acheteur voit une souris et refuse d’acheter. Alors ils se mettent à chasser la souris sauf qu’elle est ultra intelligente et ils finissent par détruire toute la maison. Et puis aussi tous les téléfilms de Noël. Je kiffe tellement !

Trois cinéastes avec qui tu aimerais dîner au resto ?
Wes Anderson, Xavier Dolan et Monsieur Damien Chazelle. Dolan reste la personne avec laquelle j’aimerais le plus discuter. J’avais déjà mangé un plat de pâtes avec lui à Cannes, c’était très cool. On avait beaucoup discuté de ses films et je lui avais dit que son cinéma me faisait penser à Keith Haring dont je suis fan. Je lui expliquais que j’avais l’impression qu’Haring avait réussi à prouver que l’art ne devait pas être que dans les musées, comme les films de Dolan prouvent qu’un cinéma profond peut être accessible à tout le monde. Je trouve que Mommy est le meilleur exemple.

Le film que tu materais à trois heures du mat’, une nuit d’insomnie ?
Scary Movie 2 (2001, Keenen Ivory Wayans). Je le connais par cœur, j’ai dû le voir 40 fois. C’est un de mes films préférés, ça me fait mourir de rire. Je trouve tout parfait que ce soit en VF ou en VO.

Trois films qui te mettent vraiment mal à l’aise ?
Récemment j’ai vu Le nouveau (2015) de Rudi Rosenberg et j’étais un peu mal à l’aise parce que je déteste les jeunes et donc je me déteste moi-même! Cet aspect niais et initiatique de la découverte me gêne. Ce serait beau qu’on naisse et qu’on sache comment remplir une fiche de paye mais malheureusement on doit tous apprendre. Les drames qui soulignent leurs effets peuvent me gêner. Par exemple je suis allé voir Dernier train pour Busan(2016, Sang-ho Yeon). J’ai kiffé le film mais il y un moment où il y a un zombie puis un flash-back avec des airs de piano, un ralenti, du noir et blanc… Ça m’a fait sortir du film. Et puis aussi quand les acteurs jouent faux ça me dérange. C’est souvent dans le rebond d’une scène de dialogue quand tu sens qu’il n’y a pas vraiment d’écoute entre les deux comédiens, comme s’ils jouaient pour eux-mêmes. Tu comprends l’idée mais il n’y a pas d’osmose.