Dans sa dernière bande dessinée, America, Nine Antico met en scène son alter ego qui, après une rupture, s’envole vers les États-Unis le temps d’un été (et de croiser Ethan Hawke dans un café). C’est dans un bistrot parisien qu’elle nous a parlé de ses films préférés.


Trois héroïnes de films américains avec qui tu aimerais être en coloc ? Lelaina Pierce, le personnage joué par Winona Rider dans Génération 90, le premier film de Ben Stiller. Elle est trop cool, rebelle, culottée, avec son look garçonne, ses cheveux courts, son débardeur sans soutif. Et puis, surtout, dans le film elle sort avec Ethan Hawke… Holly Golightly (Audrey Hepburn) dans Breakfast at Tiffany’s de Blake Edwards, parce qu’elle sait rendre le quotidien gracieux, magique. Et elle m’apprendrait à avoir une choucroute parfaite dès le réveil après avoir fait la fête toute la nuit. Et enfin les trois nanas de Boulevard de la mort. Les héroïnes de Tarantino sont toujours sexy, sauvages, hyper indépendantes, héroïques – d’ailleurs je me suis mise à la boxe après avoir vu Kill Bill. Il y a aussi Laura Dern dans Sailor et Lula de David Lynch, que j’adore, mais en coloc je suis pas sûre – il faut prendre en compte le loyer, la salle de bain…

Le film que tu as vu trois cents fois ?
Un été en Louisiane de Robert Mulligan, avec Reese Witherspoon. C’est l’histoire de son initiation amoureuse dans la Louisiane des années 1950, elle écoute Elvis en boucle… et son flirt tombe raide amoureux de sa grande sœur. C’est déchirant : personne ne fait rien de mal, mais le film parvient à saisir la violence des sentiments adolescents.

Tes trois films d’animation préférés ?
Avdenture Time, une série d’animation assez géniale ; Amer béton, adapté du manga du même nom ; et puis Robin des bois. Mais je ne suis pas très sensible au cinéma d’animation en général, le côté hyper codifié à la Miyazaki, avec les gros yeux, les pupilles qui se dilatent et le vent dans les cheveux… Cette obligation de cuteness m’agace.

Le film que tu as arrêté au bout de trois minutes ?
Stupeur et Tremblements, l’adaptation du roman d’Amélie Nothomb par Alain Corneau, avec Sylvie Testud dans le rôle principal. C’est typiquement le genre de personnages que je ne peux pas comprendre – la nana qu’on tape et qui tend l’autre joue. J’arrive pas du tout à me projeter dans les histoires masochistes, ça me dépasse complètement.

Trois réalisateurs américains avec qui tu aimerais dîner ?
Noah Baumbach. J’ai été très touchée par Les Berkman se séparent et, globalement, j’ai des affinités avec les sujets qu’il aborde dans ses films. Wes Anderson, parce que j’adore le fétichisme de ses films, leur côté madeleine de Proust. Et puis Francis Ford Coppola, parce que tous ses films sont cultes, et sa carrière est de plus en plus underground. Et puis j’adore Sofia Coppola. Donc je dînerais avec lui, sa fille, son vin, dans ses vignes en Californie.


« America » de Nine Antico (Glénat, 64 p.)