Découverte dans Les Amours imaginaires de Xavier Dolan en 2010, l’actrice et cinéaste québécoise incarne une trentenaire acculée par ses mensonges dans le tendre On ment toujours à ceux qu’on aime de Sandrine Dumas . Depuis Montréal, elle a répondu à notre questionnaire cinéphile.


Un film que vous pourriez mater à 3 heures du mat’, une nuit d’insomnie ?
Maris et Femmes de Woody Allen [sur la séparation d’un couple new-yorkais, qui provoque une remise en question dans leur groupe d’amis, ndlr]. J’ai vu ce film au moins 324 fois et je ne m’en lasse pas. C’est un scénario impeccable.

Une comédie qui vous console au bout de 3 minutes ?
The Big Lebowski des frères Coen. Je trouve leur humour hyper fin. C’est la plus grande comédie de l’histoire du cinéma.

Ce triangle amoureux  que vous trouvez fascinant  à l’écran ?
Je sais que c’est un peu banal, mais je dirais celui de Jules et Jim de François Truffaut. Jeanne Moreau est d’une modernité incroyable. À une époque comme les années 1960, elle réussit à dégager beaucoup de liberté. Même si les mœurs ont changé, je peux facilement m’identifier à son personnage.

3 scènes de film que vous aimeriez vivre ?
La scène mythique d’Un homme et une femme de Claude Lelouch, quand Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant se retrouvent et s’enlacent sur la plage de Deauville. Il y a quelque chose de très incarné dans cet amour entre deux êtres qui ont déjà un vécu. Je suis très fan de Trintignant. Quand je le vois dans des films des années 1960-1970, je me dis même que j’aurais très bien pu tomber amoureuse de lui. La scène de la fontaine de Trevi dans La dolce vita de Federico Fellini. Je l’ai revu récemment et, contrairement à ce dont je me souvenais, Marcello Mastroianni et Anita Ekberg ne s’embrassent même pas ! Ils se prennent dans les bras et leurs lèvres s’effleurent. Le jour arrive et on a l’impression qu’ils ont passé des heures à se regarder sans bouger. C’est la définition du désir pur. Et enfin la scène de Noël où Augustine, la mère de Marcel Pagnol, nous fait la déclinaison des sept desserts de Provence dans La Gloire de mon père d’Yves Robert. Si le bonheur pouvait se matérialiser, il serait incarné par ce moment de cinéma de mon enfance.

3 films trop méconnus que vous voudriez faire découvrir ?
Heureux comme Lazzaro d’Alice Rohrwacher (2018). Il est un peu connu, mais pas assez à mon goût. Je l’ai vu pendant la postproduction de mon film [La femme de mon frère, son premier long métrage, pas encore sorti en salles, ndlr]. Je me suis dit que je n’étais pas digne de pratiquer mon métier tellement j’étais impressionnée. À tout prendre de Claude Jutra. C’est un film québécois de 1964 qui s’inscrit dans la lignée de la Nouvelle Vague. Il est fort possible que ce soit mon film préféré. Le court métrage Fauve de Jeremy Comte qui, à mon humble avis, est le prochain grand cinéaste canadien.

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: « On ment toujours à ceux qu’on aime » de Sandrine Dumas
Dean Medias (1 h 30)
Sortie le 6 mars