Dans un disque enchanteur, elle interprète en portugais, sa langue maternelle, des chansons douces et mélancoliques du compositeur brésilien Dorival Caymmi. Lio a répondu à notre questionnaire cinéphile par e-mail, mais sans se départir de son franc-parler.


Décrivez-vous en 3 personnages de fiction.
Insupportable et intrépide comme Scarlett O’Hara (dans Autant en emporte le vent de Victor Fleming, 1939). Naïve et humiliée comme Carrie (dans Carrie au bal du diable de Brian De Palma, 1976). Amoureuse et invincible comme Cléopâtre (dans le film de Joseph L. Mankiewicz, 1963).

Le film que vous avez vu 3 fois ou plus.
Dona Flor et Ses deux maris, un film brésilien de Bruno Barreto sorti en 1976, d’après le roman de Jorge Amado. Avec la brûlante Sônia Braga dans le rôle-titre et les chansons de Chico Buarque sur la bande-son. Et surtout avec la ville de Bahia.

L’acteur ou l’actrice qui vous faisait fantasmer à 13 ans.
Tomás Milián, un génial acteur cubain abonné aux rôles de révolutionnaires mexicains dans les westerns spaghetti.

Un film que vous avez arrêté au bout de 3 minutes.
Je fais les choses à fond ou je ne les fais pas. Le pire des navets ne me fait pas peur. J’en rirai ou j’enragerai, mais j’en aurai pour mon argent, croyez-moi.

3 leçons de vie apprises grâce au cinéma.
Les leçons de vie ne vont pas par trois. Il faut savoir au contraire choisir la bonne. Je prendrai la phrase prononcée par Sean Connery dans James Bond 007 contre Dr. No de Terence Young : « Shaken, not stirred. » Ce que James veut dire, c’est qu’un martini vodka doit être secoué, mais pas mélangé. Moi qui ai été secouée par la vie, je vous dis : secouée, OK, c’est nécessaire parfois, mais rien ni personne ne me mélangera. J’espère que vous comprenez.

3 réalisateurs morts ou vivants pour un dîner en tête-à-tête.
Non, non, c’est à eux de se manifester et de m’inviter à dîner, pas à moi à minauder devant eux. Pour qui me prenez-vous ?

3 films qui ont marqué votre jeunesse.
C’est une obsession, ce chiffre trois ? Vous m’énervez à la fin ! Allez, je vous donne trois héros de mon enfance : Charlot et Laurel & Hardy.

Le film que vous regarderiez à 3 heures du matin une nuit d’insomnie.
Casablanca de Michael Curtiz (1942). Mais pas à trois heures du mat’. À quatre heures, juste pour vous embêter.

3 films impertinents selon vous.
J’en ai marre de votre questionnaire thématique. Il me donne envie de vous coller trois baffes.


: « Lio canta Caymmi »
(Crammed Discs)