À l’été 2017, Guillaume Brac (Tonnerre, 2014) a sillonné de long en large un endroit surprenant : l’île de loisirs de Cergy-Pontoise, en banlieue parisienne.


Dans un décor constitué d’une plage de sable fin, d’un grand bois et d’espaces de jeux, il a réalisé un documentaire à l’ambiance vaporeuse où se mêlent petits filous qui tentent de gruger l’entrée, ados dragueurs qui parcourent l’île à la recherche de numéros de téléphone et de comptes Snapchat, filles tranquillement posées, responsables de sécurité zélés et vieux monsieur se remémorant ses amours… Aux côtés de cette clique de personnages coupés du monde, le cinéaste parvient à restituer une insouciance propre à l’été. Plus fort encore, il infuse 
dans ce paysage artificiel une profondeur insoupçonnée : dans une séquence marquante, 
un homme d’origine afghane raconte son exil au début des années 1990. Accusé d’être communiste, il a été capturé par des moudjahidin en pleine guerre d’Afghanistan. Passé tout proche de l’exécution, il s’est réfugié en France. Cette microsociété hors des clous prend alors la forme d’un petit paradis.


: de Guillaume Brac
Les Films du Losange (1 h 37)
Sortie le 4 juillet