Certains réalisateurs ont trouvé dans le smartphone un véritable outil de création et de mise en scène. À l’occasion des dix ans de l'iPhone (Steve Jobs en a présenté la toute première version en janvier 2007), on a compilé quelques films réalisés entièrement (ou presque) avec le petit appareil.


J’aimerais partager le printemps avec quelqu’un de Joseph Morder (2008)

« À la demande du Festival Pocket Films, j’entreprends le tournage d’un journal filmé avec téléphone portable caméra ». En 2008, le cinéaste Joseph Morder poursuit son journal filmé, entrepris en 1967 en super-8, mais cette fois-ci avec un téléphone portable. L’image tremblotante et imparfaite de l’appareil colle parfaitement avec le propos du réalisateur puisqu’elle apparaît comme la matérialisation du caractère inévitablement fragmentaire et subjectif d’un témoignage intime.

Night Fishing de Park Chan-Wook et Chan-kyong Park (Janvier 2011)

En 2011, le cinéaste coréen Park Chan-Wook et son frangin Chan-kyong Park s’essayent eux aussi au tournage au smartphone. Le court métrage d’une trentaine de minutes est destiné à une distribution dans une dizaine de salles en Corée. Le smartphone donne une nouvelle dimension aux obsessions du cinéaste coréen qui tisse une histoire de fantômes. L’image pixellisée, tantôt terne (même si rehaussée à l’étalonnage) tantôt surexposée (les herbes sèches y sont jaunes fauves), donne à cette histoire de résurrection des airs de roman photo. 

Ceci n’est pas un film de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb (Septembre 2011)

En 2010, le cinéaste Jafar Panahi est emprisonné par les autorités iraniennes puis libéré. En décembre, il est condamné à six ans de prison et reçoit l’interdiction d’exercer son métier de réalisateur. C’est dans ce contexte, que le cinéaste réalise, avec son ami le réalisateur Mojtaba Mirtahmasb, son long métrage Ceci n’est pas un film. Si le film n’est pas conçu à 100% avec le téléphone (il y a également une petite caméra), le smartphone, grâce auquel Panahi apprend les manifestations qui agitent le pays, lui permet de résister et de continuer à créer. 

Olive de Hooman Khalili (Décembre 2011)

Bien souvent, le smartphone au cinéma apparaît comme un coup marketing censé accroître l’appétence pour un film. C’est un peu le cas de ce long métrage indé, Olive, au casting plutôt alléchant (Gena Rowland), présenté comme le premier film réalisé 100% avec un smartphone. Contrairement aux autres films cités plus haut, le réalisateur prend ici un parti pris esthétique plus naturaliste.

Tangerine de Sean Baker (2015)

En 2015, Sean Baker crée le buzz à Sundance avec Tangerine, son quatrième long métrage tourné entièrement à l’iPhone (trois iPhones 5s plus exactement). Cette chronique sociale suit une histoire de vengeance dans les quartiers mal famés de Los Angeles. Si le réalisateur évoque un manque de moyen, son emploi de l’iPhone lui permet de capter furtivement l’effervescence de la ville et le passage de ses habitants.