Après l’interruption d’un tournage sur la Côte d’Azur, un acteur septuagénaire (Jean-Pierre Léaud) doit tuer le temps. Il se rend dans une demeure abandonnée où il dialogue avec le fantôme de Juliette, son grand amour de jadis (Pauline Étienne), mais aussi avec une bande de gamins espiègles, cinéastes en herbe, qui ont décidé de tourner un film d’horreur… Après avoir rendu hommage à Alain Resnais dans H Story (2001), le Japonais francophile Nobuhiro Suwa semble faire un clin d’œil à Jacques Rivette avec ce film en forme de malicieux jeu de piste et de miroir entre, d’un côté, des enfants comploteurs, et de l’autre, l’éternel gosse gouailleur des Quatre Cents Coups. Cette chasse au fantôme métaphysique et burlesque (Ghostbusterkeaton?) se double bien sûr d’une touchante déclaration d’amour au cinéma et à l’une de ses plus belles créatures, le fauve Léaud. Il y a un an, celui-ci incarnait un Roi-Soleil agonisant dans La Mort de Louis XIV. Certains avaient cru y voir un chant du cygne. En batifolant avec grâce dans un film qui se joue de la mort jusque dans son titre, le comédien leur oppose un réjouissant démenti.


de Nobuhiro Suwa, Shellac (1 h 43)
Sortie le 27 décembre