Laetitia Carton filme avec une ferveur communicative des amateurs de danses traditionnelles réunis le temps d’un festival dans l’Allier. Deux ans après un long métrage sur la langue des signes (J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd), la cinéaste s’intéresse encore à des êtres qui s’expriment avec leur corps. Pendant une semaine, hommes et femmes de tous âges, répartis sous plusieurs chapiteaux, s’adonnent à leur passion pour la mazurka ou la bourrée. Si Carton, elle-même adepte, relie cette pratique à des souvenirs d’enfance, son documentaire, dans lequel alternent scènes de danse et conversations entre participants, évite tout passéisme. Telle une vague qui ondule, cette foule sentimentale rassemblée sur la piste (« un des rares espaces où l’on se touche », note la voix off) ne se tient pas à l’écart des débats contemporains : on prône l’ouverture à la culture de l’autre, on réfléchit à la notion de consentement entre partenaires… Le Grand Bal fait ainsi l’éloge d’une communauté utopique et éphémère, celle que forment des individus en mouvement, dont le mot d’ordre pourrait être : jour et nuit debout !


de Laetitia Carton
Pyramide (1 h 39)
Sortie le 31 octobre