Au lendemain du Brexit de juin dernier, Screendaily.com s’inquiétait des effets du référendum sur le secteur du cinéma britannique, citant notamment Rebecca O’Brien de Sixteen Films, maison de production de Moi, Daniel Blake de Ken Loach : « Nous sommes très dépendants de nos relations avec l’Europe ; sur les vingt/vingt-cinq dernières années, tous nos films ont été des coproductions européennes. » Le 8 novembre dernier, le site Pound Sterling Live faisait pourtant état de chiffres encourageants, expliquant que, après le Brexit, « la chute de la livre sterling a permis de réduire les coûts de production » et donc de rendre les terres anglaises d’autant plus attirantes pour les productions étrangères. Par ailleurs, les crédits d’impôts proposés par le pays, qui contribuent grandement à son attractivité, ne devraient pas être supprimées suite au référendum. Fin octobre, The Guardian rapportait même que le Bureau de la statistique nationale avait désigné le secteur britannique des services – dont font partie télévision et cinéma (avec une production en croissance de 16,4 %) – acteur majeur de la surprenante résistance de l’économie britannique. Un boom inattendu qui ne suffit toutefois pas à apaiser les inquiétudes. Quid, en effet, de la liberté et de la diversité créative permises par les programmes de l’U.E. ? ou de la circulation des talents et des films britanniques sur le continent ? Dans un article paru fin novembre, The Independent s’inquiète par exemple de la perte de mobilité de James Bond, qui pourrait logiquement affecter le scénario du prochain opus de la franchise : « La capacité (de James Bond) à passer les frontières serait certainement mise à l’épreuve. […] Le Royaume-Uni pourrait rencontrer des ennuis de coopération avec les services secrets européens. » Pour connaître l’avenir de l’agent 007 et des autres, il faudra attendre le premier trimestre 2017, période durant laquelle d’importantes tractations devraient avoir lieu.