À la mort de son père, Masato, qui tient une échoppe de rāmen au Japon, entreprend un voyage initiatique à Singapour, dont était originaire sa mère, elle aussi décédée, pour découvrir les secrets de cuisine de cette dernière.


À travers cette enquête gustative, Eric Khoo s’intéresse autant aux secrets de famille du jeune protagoniste qu’aux relations entre les deux pays (Singapour a été occupé par le Japon durant la Seconde Guerre mondiale). C’est à travers la cuisine (qu’il filme admirablement, de façon très sensorielle, un peu comme Gabriel Axel en son temps avec Le Festin de Babette, mais sur un mode moins flamboyant, plus minimal) que Khoo sonde les plaies encore ouvertes par l’histoire. Ainsi, lorsque Masato demande à sa grand-mère maternelle de lui livrer quelques conseils culinaires, celle-ci lui ferme la porte au nez – elle avait renié sa fille quand celle-ci avait épousé un Japonais. Mais ce n’est pas un hasard si Khoo met la gastronomie au centre de son film : en plus de nous mettre en appétit, il insiste sur sa portée symbolique, un endroit où des cultures antagonistes peuvent se mélanger, se réunir.


: d’Eric Khoo
Art House / KMBO (1 h 30)
Sortie le 3 octobre