Le premier long métrage du Français Dominique Rocher nous apprend, par le truchement de son héros pas peureux pour un sou, l’art de (sur)vivre en terre de zombies.


Sam débarque dans l’appartement de son ex, où s’agitent des fêtards, pour y récupérer de vieilles VHS. Il file droit dans la chambre où sont entreposées ses affaires et où, épuisé, il sombre dans le sommeil. Le réveil est rude : l’immeuble et le quartier sont envahis par les zombies, malédiction à laquelle n’ont pas échappé les invités de la veille… En prenant des libertés avec les codes du genre (ici, ni effusion de sang ni bande-son angoissante), Dominique Rocher ramène la violence à ce qu’elle a de plus intime. Introverti, Sam (interprété, tout en retenue, par le génial Anders Danielsen Lie) élabore sans panique un plan de survie, avant que ce mécanisme de défense impeccable ne finisse par s’abîmer (conscient de sa solitude, il s’invente des amis imaginaires). Saupoudré d’une pincée d’absurde – irrésistible Denis Lavant en zombie gesticulant dans une cage d’ascenseur dans laquelle il est enfermé, puis domestiqué par Sam –, le film ravive un étrange plaisir de cinéma : celui d’assister au dépeuplement des rues. Dans des plans vertigineux, la caméra tournoie autour du toit en terrasse jonché de récipients collectant l’eau de pluie, nous donnant à voir la beauté de Paris. Face au vide, on ressent une insatiable faim du monde.

 


: de Dominique Rocher
Haut et Court (1 h 33)
Sortie le 7 mars