Après Le Challat de Tunis en 2015, Kaouther Ben Hania continue d’épingler la misogynie rampante de la société tunisienne, ici en saisissant les quelques heures qui précèdent et qui suivent le viol d’une jeune étudiante.


Dans un club, Mariam, la vingtaine, rencontre un beau jeune homme, Youssef, qui l’entraîne hors du lieu. Une heure ou deux plus tard, la voilà qui détale dans la rue, en pleurs, décoiffée et bouleversée, Youssef sur ses talons… Les apparences sont en partie trompeuses: si Mariam a, comme on le pressent, été violée, ce n’est pas par cet homme, mais par des policiers. Comment porter plainte, dans un système qui la force à faire une déclaration dans le poste où exercent ses agresseurs? Pour renforcer le sentiment d’oppression qui étouffe son héroïne, la cinéaste a fait le choix audacieux d’un montage uniquement composé de longs plans-séquences. Prise en étau entre les violeurs et l’absurde interrogatoire moral que chaque interlocuteur – d’une officière de police aux infirmiers – lui fait passer, Mariam n’a que Youssef sur qui s’appuyer. Aussi solide soit-il, pas sûr que cela suffise pour dérégler une machine aussi bien huilée.


de Kaouther Ben Hania
Jour2fête (1 h 40)
Sortie le 18 octobre