Un père accusé de violences obtient la garde alternée de son fils de 11 ans, ce qui plonge la mère de l’enfant dans un état d’angoisse permanent. Auréolé de deux prix majeurs à la Mostra de Venise (meilleure réalisation et meilleure première œuvre), ce film trouve sa source dans le court métrage lui-même multiprimé de Xavier Legrand, Avant que de tout perdre (2013). Évitant les pièges du film-dossier, Jusqu’à la garde se présente plutôt comme un thriller familial qui tient sa force et son originalité de la somme de ses refus (absence de musique et de scène choc, violence hors champ). Legrand fait naître la tension du quotidien de ses personnages coincés dans des lieux clos : un banal trajet en voiture d’un domicile à l’autre devient ainsi une expédition à hauts risques. Cette économie de moyens s’applique aussi au jeu des acteurs, impeccables, à commencer par le jeune Thomas Gioria, l’enfant dont on n’est pas près d’oublier le regard inquiet et fuyant. Et face à Léa Drucker, émouvante en mère aux aguets, Denis Ménochet confère une effrayante humanité à son personnage de prédateur dissimulateur.


: de Xavier Legrand
Haut et Court (1 h 33)
Sortie le 7 février