Chanteuse, comédienne, réalisatrice, Jane Birkin est aussi une conteuse hors pair. La preuve avec la parution de l’émouvant Munkey Diaries, premier tome de son journal intime... mais aussi avec ses réponses très personnelles 
à notre questionnaire cinéphile.


3 actrices qui vous ont fait rêver pendant les années d’internat ?
Shirley MacLaine dans les films de Billy Wilder, notamment La Garçonnière. Audrey Hepburn, c’était juste la perfection, avec ce visage un peu carré que j’aurais adoré avoir. Et Marilyn, irrésistible, avec les failles qu’on connaît. Le plus touchant, chez les trois, c’est leur capacité comique.

Un film vu à 3, avec votre frère, Andrew, et votre sœur, Linda ?
Le Journal d’Anne Frank. Je me souviens de mon frère qui me tenait sur King’s Road, en sortant de la salle, tellement c’était insupportable. C’était peut-être la première fois que j’étais confrontée à cette histoire. Les souvenirs de cinéma en famille, c’était aussi Andrew qui tournait des films avec moi comme héroïne. J’aimais être son sujet, m’allonger pour lui sur les rails de chemin de fer… Ça a dessiné notre futur : lui, comme metteur en scène, et moi, comme actrice.

3 films qui reflètent le Swinging London ?
Pas de larmes pour Joy de 
Ken Loach. Et puis évidemment Le Knack… et comment l’avoir et Blow Up. Même si, dans Blow Up, le plus passionnant c’est Vanessa Redgrave et l’arbre au crépuscule.

3 films pour se vautrer dans la mélancolie ?
Ah ! Le Silence, Brève rencontre et Jeux interdits. À cause de ce dernier film, mes enfants enterraient avec révérence absolument tout dans le jardin, même des choses qu’on avait mangées comme des côtelettes ou des carcasses de poulet.

Un film vu avec Serge Gainsbourg et qui a provoqué 3 heures de discussion ?
Je ne sais pas, mais il y a trois films qu’il adorait : Quand la ville dort, Soudain l’été dernier et Scarface (celui de Hawks). Mais on n’allait pas trop au cinéma. Mon goût pour le cinéma d’auteur vient plutôt de Jacques Doillon, qui m’emmenait voir les films d’Ozu.

Une comédie qui vous console de tout au bout de 3 minutes ?
Les Producteurs. C’est un peu le même phénomène que Le Père Noël est une ordure : on connaît toutes les répliques. Dès que j’ai un coup de blues, allez hop, Les Producteurs !

Une comédie musicale dont vous connaissez au moins 3 chansons par cœur ?
Le Roi et Moi. Je l’ai vue enfant et j’ai toujours rêvé de la jouer. Sur le tournage de L’Amour par terre de Rivette, avec Geraldine Chaplin, on s’amusait à chanter toutes les comédies musicales : Oklahoma !, South Pacific, My Fair Lady… J’ai gonflé ce pauvre Serge avec mon envie d’en faire une. Et, finalement, en chantant avec un orchestre philharmonique lors de ma dernière tournée, alors que je sautais sur l’estrade avec le chef, je me suis dit que je l’avais eue, ma comédie musicale.


« Munkey Diaries » de Jane Birkin (Fayard, 352 p.)