Dans Le monde est à toi de Romain Gavras, l’actrice nous a épatés en mère abusive et hors la loi, à la fois drôle, glam et flippante. Avec beaucoup de finesse, elle a répondu, par mail, à notre questionnaire cinéphile.


3 personnages de femmes gangsters qui vous ont marquée ?
Bonnie, parce qu’elle aime Clyde plus que le crime. Jackie Brown, parce qu’elle devient criminelle pour être libre. Uma Thurman dans Kill Bill, parce que la beauté de son body language érotise la quête de vengeance au féminin.

Décrivez-vous en 3 héroïnes de fiction.
Humaine comme Liv Ullmann, Harriet Andersson et Ingrid Thulin dans Cris et Chuchotements – à elles trois elles sont ma plus belle raison d’être actrice. Réservée comme Ada, interprétée par Holly Hunter dans La Leçon de piano, rôle que je n’ai pas pu faire, engluée dans un chagrin d’amour… un regret pour l’éternité. Fantaisiste comme Anna Karina, si exquisément légère dans Pierrot le fou.

3 leçons de vie apprises au cinéma ?
Action ! La vie se répète malgré toutes les prises de risques et toutes les prises de tête. Coupez ! Les ruptures, les fractures que l’on ne peut pas changer, parce que, si la vie vous démonte, elle ne se remonte pas. Clap de fin ! Il faut passer à autre chose tout en restant soi, rester soi pour changer de rôle, sauf que la vie ne vous a pas envoyé tout le scénario.

Le monde est à toi de Romain Gavras

Le monde est à toi de Romain Gavras

Quel film avez-vous vu 3 fois, ou plus ?
The Hours, parce que Virginia Woolf, Meryl Streep, Julianne Moore, Nicole Kidman. Un film qui me met totalement en larmes.

3 femmes que vous avez incarnées et qui continuent de vous habiter ?
Adèle Hugo [dans L’Histoire d’Adèle H, ndlr], rôle initiatique, prophétique : une « éperdition » amoureuse dans un orage de lettres en poste restées. Camille Claudel : elle sculpte les pierres fines et fragiles sans pouvoir sceller dans la pierre sa passion. La reine Margot : fille de roi, sœur de roi, deux fois reine, mais trop libre et trop sauvage pour supporter toute couronne.

L’acteur ou l’actrice qui vous faisait fantasmer à 13 ans ?
À 13 ans, je ne fantasmais pas, je rêvais, mais dans mon cinéma imaginaire j’étais dans les bras du Montgomery Clift d’Une place au soleil ou du Belmondo d’À bout de souffle.

3 jeunes cinéastes qui vous inspirent ?
Romain Gavras, parce qu’il m’a aspirée dans son cinéma – je lui ai dit oui pour être ou paraître dans tous ses prochains films. Xavier Dolan, parce qu’il adapte aussi bien qu’il invente, parce qu’il se souvient aussi bien qu’il se projette – même s’il ne tourne qu’avec les stars très en vogue au box-office, je resterai fan. Jean-Bernard Marlin, parce qu’il crée dans son premier film, Shéhérazade, une autre façon de faire un cinéma qui bouleverse complètement.


Le monde est à toi de Romain Gavras
StudioCanal (1 h 35)
Sortie le 15 août