Manuel, qui vient d’avoir 18 ans, quitte avec soulagement le centre d’accueil dans lequel il était placé depuis l’incarcération de sa mère. Mais, pour convaincre les autorités qu’il peut prendre en charge sa mère à sa sortie de prison, imminente, il lui faut trouver un travail au plus vite… Dans ce drame italien, assez proche du mélancolique Oslo 31 août du Norvégien Joachim Trier pour son ambiance de fin d’été, on file discrètement ce personnage en prise avec un réel moins léger qu’il ne le fantasmait, la banlieue romaine et sa misère évidente ne lui offrant pas de meilleures perspectives que le foyer d’où il vient. Et c’est précisément à cet endroit que le film, malin, déjoue nos prévisions : s’il goûte à la drogue par curiosité, Manuel ne devient pas toxicomane. Il rencontre une fille, mais leur histoire sera platonique et éphémère. La grâce réaliste du film peut se résumer en une séquence, filmée sous l’eau, dans laquelle Manuel, habillé en simple survêt, s’enfonce en ralenti dans la mer transpercée par la lumière et atteint, le temps d’un instant, l’équilibre parfait.


: de Dario Albertini
Le Pacte (1 h 37)
Sortie le 7 mars